Portrait

L’écrivain public se fond traditionnellement derrière les mots des autres. Comment dresser le portrait d’un homme invisible ? Peut-être en prenant de la hauteur, en embarquant avec l’écriviateur et son bagage en forme de mot-valise ?

Où se trouve le port d’attache de l’écriviateur ?

Hélie : C’est un aéroport en fait ! Celui de Lyon Saint-Exupéry, car j’ai atterri en région lyonnaise il y a une dizaine d’années. Mais je suis d’ailleurs, comme le chantait si bien Pierre Bachelet. Je vais là où mon cœur me porte et j’aime les voyages et les rencontres, ce qui tombe plutôt bien.

Pourquoi ce métier de conseil en écriture, écrivain public ?

Hélie : Parce que j’aime écrire pour autrui ! D'ailleurs, j’ai exercé pendant plus de 15 ans le métier d’assistante trilingue anglais-allemand dans des PME très différentes. Industrie, négoce, bâtiment, culture… tout m’intéresse ! J’ai aimé travailler en étroite collaboration avec mes responsables, mais aussi le travail d’équipe et la gestion de projet. C’est d’ailleurs cette dernière activité qui m’a décidée à voler de mes propres ailes… et à devenir écriviateur !

Pourquoi le choix de ce mot étrange comme intitulé de votre entreprise ?

Hélie : Pas si étrange si on considère son étymologie ! Mes études de sciences du langage m’ont amenée à chercher ce qui se cache dans l’histoire ou dans l’usage des mots. J’ai donc créé ce que les linguistes appellent un mot-valise, « écriviateur », sur la base des mots écrivain et viateur, en jouant sur les sonorités et les images qui naissent de la rencontre entre les deux. Le mot viateur était utilisé en vieux français et dérive du latin « viator » qui signifie messager. Un messager, c’est celui qui transmet les messages. N’est-ce pas exactement la mission d’un écrivain public ? Écrire les mots des autres…

Pourquoi écrire les mots des autres plutôt que les vôtres ?

Hélie : L’un n’empêche pas l’autre ! J’ai envie d’être utile de manière très concrète au quotidien : mettre ma créativité et mes compétences en techniques d’écriture au service des personnes. Écrire est un véritable exercice : l’écrivain, au même titre qu’un musicien qui s’exerce avec des gammes tous les jours, s’entraine avec les mots. C’est pourquoi je continue à me former en pratiquant l’écriture créative en atelier d’écriture, en me passionnant pour la linguistique ou encore, en me tenant informée des évolutions des règles orthographiques.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Hélie : Ma formation initiale est fondamentalement littéraire. Après un baccalauréat lettres et langues, j’ai obtenu un DEUG lettres et civilisations étrangères en allemand, puis une licence de sciences du langage. Les mots d’ici et d’ailleurs m’ont toujours passionnée !


J’ai souhaité pouvoir proposer à mes clients un service de qualité et j’ai opté pour la formation la plus complète puisqu’elle allie cours théoriques à l’université et autant d’heures de stages en milieu professionnel. Il s’agit du seul diplôme d’état existant à ce jour :
la Licence Pro conseil en écriture professionnelle et privée, écrivain public, à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.

 

Les enseignements dispensés par des professeurs de l’UFR Arts & Médias, département Médiation culturelle, mais aussi des intervenants professionnels extérieurs, sont très exhaustifs : la psychologie sociale, la rhétorique, le droit civil et le droit social, les ateliers d’écriture, la biographie, la sociologie de l’écriture, les techniques d’écriture, l’intervention sociale de l’écrivain public, la linguistique et bien sûr, l’incontournable informatique, cours essentiel à la pratique de notre métier d’écrivain public, sont autant de matières indispensables pour former un professionnel complet et tout terrain.
 

J’ai obtenu ma licence en juin 2017 avec mention bien.

Et maintenant, quel est votre horizon professionnel ?

Hélie : Je crée mon activité professionnelle, soutenue par la coopérative d’activité et d’emploi Graines de Sol. Grâce au contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), je peux avancer sereinement dans le montage de mon projet et bénéficier d’un réseau de coopérateurs portant les mêmes valeurs que moi.
 

Le travail en partenariat est également très important pour moi. Je me retrouve tout à fait dans l’adage africain : « tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Je suis donc adhérente au SNPCE, le syndicat national des prestataires et conseils en écriture. Depuis janvier 2019, je participe au réseau des biographes de la région lyonnaise, Biographicus ainsi que celui du collectif de biographes professionnels issus de la même licence que moi. Ensemble nous œuvrons pour promouvoir le récit de vie et la biographie. Les bienfaits de ce mode d'écriture sont tellement importants, pour soi et pour les autres... 
 

Écrire pour les autres, transporter leurs mots pour leur offrir une nouvelle vie, ce ne sont pas des mots en l’air, mais bien mes véritables objectifs de vie !

Je vous invite à découvrir également ci-contre le témoignage que j'ai écrit dans le cadre du concours "40 ans, et alors ?" organisé par Body Nature en février 2019.
Il m'a permis de remporter l'un des huit weekends dans un château prestigieux près de Cholet.

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