• Hélie B.

Biographie : fin... et suite de l'histoire !

Mis à jour : 24 août 2019

J’ai eu l’immense bonheur et la grande émotion de vivre la présentation de l’ouvrage (ma deuxième biographie) lors de la fête de famille annuelle. Et la séance de dédicace de 4 heures qui s’en est suivie !


Si chaque projet apporte son lot de joie, celui-ci avait en plus une saveur particulière… La pression est d’autant plus grande en effet lorsqu’il s’agit de sa propre famille. La biographe que je suis est engagée alors dans un double travail : respecter la mémoire de la personne qui me confie ses souvenirs et travailler sur la distance émotionnelle de ce qui m’engage inévitablement. Une part de ces souvenirs appartient de fait aussi à mon histoire, même lointaine.

Une quête de sens

J’ai toujours aimé les défis et ma curiosité pour la vie des autres est insatiable ! Je me fais chaque fois l’effet d’une exploratrice en terre inconnue… Je m’immerge complètement dans les mots de chacune des personnes qui me racontent leurs vies. D’abord lors des entretiens, et puis encore plus dans la retranscription, où je revis chaque événement, à ne faire plus qu’un avec ce qu’il ou elle a dit. C’est un phénomène étrange, comme une alchimie, qui se produit : passer dans la voix de l’autre, se mettre dans chacun de ses pas, dans ses hésitations, dans ses certitudes et dans ses choix de vie. Questionner, trouver des réponses ou non, mettre en avant un sens, une envie, un besoin ou un désir. Et une fois bien incorporés, tous ces éléments prennent forment dans le récit : coucher par écrit ces mots qui feront revivre dans un livre le souvenir d’une autre vie, encore et encore, pour le curieux, l’enfant, l’adolescent, le père ou la mère de famille qui s’interrogent sur un parcours, une existence qui leur a donné vie et patrimoine.


Relation entre mémoire et histoire Si je ne me questionne pas sur le style que je donne au récit, parce qu’il est de fait différent pour chaque biographie, je ne me lasse pas de m’interroger sur la relation entre mémoire et l’histoire, sur la vérité, sur l’authenticité des événements. Et finalement plus largement : qu’est-ce qu’une bonne biographie ? Qu’est-ce que mes clients attendent de leur récit de vie ? Qu’est-ce qu’ils cherchent en faisant appel à mes services d’ « accoucheuse d’histoires de vie » ? Je n’ai pas la prétention de trouver les réponses avant longtemps… si je considère le travail de Paul Ricoeur sur les questions de la mémoire, de l’histoire et du temps ! Il me semble en tout cas que celui du biographe se situe quelque part au détour de cette citation du grand philosophe : « L’objet de l’histoire, c’est le sujet humain lui-même.[1] »


[1] citation : Paul Ricoeur, Objectivité et subjectivité en histoire, Histoire et vérité, p. 23-44, passim. à lire l'article de François Bédarida : https://doi.org/10.3917/rhis.013.0731

70 vues