• Hélie B.

Biographie, récit de vie... la réponse à quel besoin ?


Sans doute existe-t-il des personnes très sûres d’elles, qui rêvent que leur biographie fasse l’objet d’un prix littéraire, ou bien d’autres qui ont eu un passé particulièrement glorieux et qui ressentent un besoin urgent de le laisser à la postérité en le couchant sur le papier… Mais les personnes qui font appel à moi pour témoigner sont tout sauf ce genre de personnes : une vie qu’elles jugent simple, voire banale, mais un besoin de garder une trace des souvenirs, transmettre une mémoire, des explications, des connaissances sur le passé auxquelles les jeunes et moins jeunes générations ont droit : cela fait partie de leurs racines, ou de ce qui les a construits, consciemment, inconsciemment.

Un passé si présent...


Pour moi, toute existence mérite d’être racontée, découverte. Il n’existe pas de vie sans intérêt et je dois dire l'infini plaisir que j'ai à écrire chaque récit de vie. Je ressens également une immense reconnaissance pour ces personnes que j’accompagne dans cette aventure humaine. Quel courage ! Se confier, se raconter, faire le point en une dizaine d’heures d’entretiens avec une parfaite inconnue, regarder son parcours, en découvrir les méandres, l’unicité, les ruptures… Et elles me comblent de leurs anecdotes, tragiques, drôles, émouvantes, étonnantes, de leurs rires ou de leurs peines, de leurs petits et grands moments de vie. Avec parfois des souvenirs oubliés qui ressurgissent au détour d’une photographie noir et blanc, d’une étoffe ou d’un objet… J’aime à revivre ces heures avec elles, dans l’écoute et la transcription des enregistrements, puis en pensée, à travers leurs mots qui se mêlent aux miens dans l'écriture, afin que ce soit elles, complètement, dans cet écrit unique, à nul autre pareil.

écrire l'autre : un processus d’assimilation...

En tant qu’écrivain, je subis une étrange maturation qui se met en place peu à peu. De la même manière que je peux me faire happer dans l'écriture fictionnelle par un personnage qui exige de prendre sa place dans la narration, qui me prend la tête, le cœur et les tripes, j’incorpore dans l’écriture biographique cet autre qui n’est pas moi.

Le biographié a toute mon attention : je deviens lui et le temps n’a plus de prise, je me sens comme dans une bulle spatio-temporelle. Mon écriture s’adapte : ce n’est pas mon style, c’est le sien. Ce n’est pas mon histoire, c’est la sienne. À charge pour moi d’en faire un récit lisible aux futurs lecteurs, sans fioritures, sinon le souci de trouver la bonne distance et une certaine exactitude, dans le respect des personnes. En effet, je complète et recherche les faits à partir des archives historiques, iconographiques, mais aussi les adresses, les lieux, les vêtements, tels qu’ils étaient à l’époque. J’ai besoin de comprendre, de décrypter les correspondances, les incohérences, non pas pour mettre en défaut, mais pour mettre en lumière le contexte et ce que la personne a vécu à une époque donnée.

J’apprends beaucoup… et j’ai hâte de me mettre au service de votre histoire à raconter !

Photo by Cheryl Winn-Boujnida on Unsplash

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