• Hélie B.

Soigner les mots, c'est un métier...


« Écrire pour les autres ? Et il y a des gens qui te paient pour ça ? »


Ça me fait encore sourire… jaune. Est-ce que ces personnes feraient la même réflexion à un médecin : « soigner ? Et il y a des gens qui te paient pour ça ? »

Parce qu’à bien y réfléchir, être médecin, ce n’est pas inné, ce n’est pas un don de la nature. Ce sont des années d’études, de travail, de spécialisation… et de perfectionnement au cours de la vie professionnelle. On ne naît pas médecin, on le devient.

L'écrivain public ou le conseiller en écriture, appellation plus moderne du mot scribe, c’est la même chose : aucun n’est venu au monde avec un crayon à la main, et aucun n’écrit frénétiquement sous l’emprise de la sacro-sainte inspiration. Non : celui qui écrit pour autrui travaille. Il est dans l’échange et le partage avec les personnes, bien sûr, car sa matière, ce sont les mots des autres… et puis il construit son récit, son écrit, encore et toujours, reformule, transforme, écoute, exerce sa sensibilité, regarde aussi. Et réécrit, encore.

Mettre ses compétences au service du mieux-être des autres, tout le monde l’admet comme une évidence de la part d’un médecin et chacun trouve normal de le rémunérer pour ses soins. En quoi mettre ses compétences d’écrivain au service d’une meilleure compréhension, d’un accès aux droits, du mieux-être d’autrui, et lui permettre de reprendre sa vie en main, par l’écriture d’un CV, d’une lettre de motivation, d’un formulaire complété, d’un récit de vie, ne vaudrait-il pas une rémunération ?

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