• Hélie B.

Chronique du glauque... ou comment le marasme peut vous transporter outre-tombe !



Parfois, le titre d’un roman vous donne l’idée directrice… ou pas ! Et Monica Sabolo nous entraîne avec Summer* dans une aventure qui est tout sauf le roman de l’été. C’est bien plus ! Son jeune frère Benjamin (le bien nommé) y a laissé plus de la moitié de sa vie…

Vous attendiez du léger pour s’accorder avec la mer en fond sonore ? Dégustez plutôt les méandres d’une eau stagnante, celle dans laquelle le héros s’enfonce, surnage, on ne sait plus très bien… à la recherche d’une sœur admirée et mystérieusement disparue.

Entre le passé et le présent, comme entre deux eaux : l’auteure manie la métaphore liquide avec brio et nous entraîne peu à peu, telle une sirène (Summer ?), aux tréfonds d’une histoire de famille, où le lac Léman, mais aussi un certain aquarium jouent un rôle prépondérant.

J’ai eu du mal au départ à rentrer dans ce roman, que j’ai pris pour un voyage psychologique au pays d’un traumatisé, mais peu à peu, je me suis prise au jeu de cette intrigue, presque un thriller, où Summer ne joue plus que le rôle d’une figurante. Et j’en ressors essorée, envoûtée par l’écriture limpide de cette écrivaine.

Moi qui suis germanophile, je me suis aussi beaucoup amusée avec le docteur Traub, l’incroyable psychanalyste du livre et son nom qui joue sur les sonorités d’un mot-valise en allemand : Taube, c’est le pigeon et Traum, le rêve… mais le dindon de la farce tragique, bien sûr, c’est Benjamin, le petit frère, qui finira bien par se réveiller.

Alors courez chez votre libraire le plus proche (si ! si ! ça existe encore…) pour pouvoir vous aussi dévorer cette histoire qui ne laisse absolument pas indifférent… même en hiver ! Et tout au bout, vous verrez, la lumière de l’été ;-)

Hélie

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* Summer, Monica Sabolo, éditions JC Lattès, 2017.

Ouvrage qui concoure pour le Prix des lecteurs de la Fête du livre de Bron en mars 2018.

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